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Collection > Volume 18 Numéro 1 (2008) > Enquête I >
Vue sur l’atelier de Salvatore Sciarrino
À partir de Quaderno di Strada et Da Gelo a
Gelo
Gianfranco
Vinay
Résumé
Dans l’atelier musical de Salvatore Sciarrino il y a très peu d’outils: des carnets,
des papiers quadrillés, des papiers à musique, une gomme et des crayons.
Les papiers quadrillés lui servent pour rédiger des diagrammes permettant de fixer
et de contrôler le déroulement des figures sonores et des images musicales. Passage
essentiel pour la création d’œuvres instrumentales ou vocales, fondées sur des
principes aptes à dramatiser l’agencement, la combinaison et la mise en résonance de
ces figures dans l’espace sonore. Après ce travail préliminaire, le compositeur élabore
la partition utilisant les signes traditionnels pour rendre ses partitions aussi
claires et «universelles» que possible, expliquant dans une table des notes techniques
la manière précise de réaliser les effets sonores et les procédés typiques de sa
musique.
Étant donné que Sciarrino façonne lui-même les textes de ses œuvres vocales et
théâtrales, cousant ensemble des phrases et des mots extraits de textes de différents
auteurs, les carnets ne contiennent pas seulement des esquisses, des réflexions ou des
titres d’œuvres futures, mais aussi des citations recueillies un peu partout et des
textes en cours d’élaboration adaptés à ses besoins poétiques, musicales et
dramaturgiques. La nécessité de rendre les textes ductiles à son traitement vocal est
un des buts principaux de cette élaboration semblable à un trope en creux. La concision
et l’abolition des complexités syntaxiques facilitent le travail de fragmentation du
texte en syntagmes, lesquels peuvent ainsi s’habiller des petites écailles sonores de
ses figures mélodiques.
Abstract
Salvatore Sciarrino’s workshop contains very few tools: notebooks, graph paper,
manuscript paper, erasors and pencils. The graph paper allows him to create diagrams to
establish and control the unfolding of his sonic figures and musical images. This is an
essential phase for the creation of both instrumental and vocal works, founded on
principles aimed at dramatizing the layout, combination, and sound coordination of
these figures in musical space. Following this preliminary work, the composer develops
his work using traditional notation to make his scores as clear and ‘universal’ as
possible. In tables of technical notes, Sciarrino describes the precise manner in which
sonic effects and other features typical of his music should be realized.
Sciarrino creates his own texts for his vocal and theatre works by piecing together
words and sentences excerpted from the writings of various authors. As a result, his
notebooks contain not only sketches, ideas, and titles of future works, but also
citations gathered here and there and texts in the making that are adapted to his
poetic, musical, and dramatic needs. Sciarrino’s desire to make these texts bend to his
vocal style is one of the guiding principles behind what might otherwise be construed
as the synthesis of so many empty figures of speech. Concision and the abolition of
syntactic complexity facilitates his work of breaking the text into short phrases,
which can then be draped with small sonic pieces of his melodic figures.
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