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Collection > Volume 18 Numéro 1 (2008) > Comprendre les processus
compositionnels >
La coproduction des œuvres et de l’atelier par le
compositeur
À partir d’une étude de l’activité créatrice de Philippe Leroux entre
2001 et 2006
Nicolas
Donin, Jacques
Theureau
Résumé
Afin d’étudier le processus compositionnel d’un musicien contemporain, Philippe
Leroux, les auteurs de cet article ont mis au point un dispositif de recueil de données
largement basé sur les éléments de l’atelier du compositeur lors de son travail sur
Voi(rex) (2002-2003) puis sur Apocalypsis (2004-2006). Des entretiens
de «remise en situation de composition» ont permis de mettre en évidence les principaux
documents de travail utilisés par Leroux pour ces œuvres (esquisses, brouillons,
logiciels, etc.); leur sollicitation, pendant les entretiens, l’aidait à retrouver des
détails précis de son activité passée. Sur cette base, il est possible de caractériser
l’atelier en relation avec la dynamique compositionnelle qui l’anime.
Cet article recense les éléments constitutifs de l’atelier de Leroux (outils,
procédures, ouvrages, partitions d’œuvres passées) lors de l’écriture des deux œuvres
étudiées, et montre certains types d’usage de ces éléments (opérations de substitution
entre éléments, construction de chaînes opératoires). En conséquence, l’atelier est
caractérisé à la fois comme le milieu et le produit de la composition. La partition est
le lieu de stabilisation de sa dynamique interne, et de résolution de la multiplicité
d’outils et procédures partiellement redondants que l’on peut y trouver à tout moment.
Ces propositions sont illustrées plus en détail par la reconstitution d’une série
d’opérations de composition réalisée au cours de trois semaines de préparation à
l’écriture d’Apocalypsis, en mars et avril 2005, ayant débouché entre autres
sur le début de l’écriture de l’œuvre, et sur l’écriture en parallèle d’une brève œuvre
chorale (Thermidor, du cycle Des autres).
Abstract
In order to study the compositional process of contemporary composer Philippe
Leroux, the authors compiled an array of information that drew largely on elements from
the composer’s workshop during the composition of Voi(rex) (2002-2003) and
Apocalypsis (2004-2006). An interview in the form of a compositional situation
simulation brought to light the main documents that Leroux used for his work (sketches,
early versions, software, etc.); consulting them during the interview process enabled
the reclaiming of precise details of the composer’s past activities. Based on this, it
was possible to define the composer’s workshop in the context of the compositional
dynamic that set it in motion.
This article brings together the elements that made up Leroux’s workshop (his tools,
procedures, works, scores for earlier works, etc.) as he was writing two specific
works, and it reveals how some of these elements may be used (e.g., operations for the
substitution of elements and the construction of operation chains). The workshop is
thus defined both as the milieu and the product of composition: the score represents
the point of stability for its dynamic internal workings, and the resolution of the
many tools and somewhat repetitive procedures that might be found at any moment in the
work. These ideas are illustrated in greater detail by the reconstitution of a series
of compositional operations realized over a period of three weeks, as the composer
prepared to write Apocalypsis in March and April of 2005, and after he had set
to work on both the beginning of the work and another short choral work
(Thermidor from the cycle Des autres).
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