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Collection > Volume 18 Numéro 3 (2008) > Actualités >

Nouveautés en bref

Réjean Beaucage et Jonathan Goldman

Livres

(fig. 1)

Pamela Jones — Alcides Lanza: Portrait of a Composer — Montreal-Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2007, 266 p avec liste chronologique d’œuvres, catalogue des sources et index.

Un portrait détaillé et passionnant du compositeur alcides lanza (né en 1929 à Rosario, en Argentine) qui jette une nouvelle lumière sur la vie, sur l’œuvre et sur le rôle que joue dans la vie musicale montréalaise et canadienne celui qui est professeur à l’Université McGill depuis 1971. Fruit de 10 ans de recherche au Canada et en Argentine, Jones raconte sa vie et évoque le contexte des différentes villes qu’il a habitées: Rosario, Buenos Aires, New York et enfin Montréal. Jones répartit son ouvrage entre récit chronologique et chapitres thématiques (notamment sur les innovations de lanza en matière de notation et sur les œuvres écrites pour sa muse, son épouse, la chanteuse et actrice Meg Sheppard). Mais la partie la plus ambitieuse du livre, distribuée dans les chapitres chronologiques, tente de rendre compte de l’évolution du langage musical de lanza: depuis sa toccata (1957), très bartokienne, jusqu’à plectros 1 (1962), où deux pianistes s’attaquent à un seul piano, le premier jouant sur le clavier, le deuxième dans le boîtier, déjà nettement plus conforme au style de sa maturité, en passant par des œuvres à caractère politique ou provocateur, telles strobo I (1967), pour contrebasse, ou ekphonesis IV (1971). Jones montre clairement une tendance plus récente vers un langage qui n’est pas sans rapport avec le postmodernisme: des jeux de citations qui puisent notamment dans le folklore latino-américain (par exemple dans arghanum V pour accordéon). Le tout est complété par une liste chronologique des œuvres et un index. Un outil essentiel pour le chercheur, ainsi qu’un document fascinant pour tout mélomane curieux de la démarche de ce compositeur, de l’évolution de son langage et du profil de sa vie. (J G)

(fig. 2)

Olivier Messiaen — Peter Hill, Nigel Simeone — Traduit de l’anglais par Lucie Kayas — Paris, Éditions Fayard, 2008, 592 p avec catalogue chronologique des œuvres, bibliographie et index.

On ne saurait souhaiter un ouvrage plus complet sur la vie d’Olivier Messiaen que le livre de Hill et Simeone, qui ont eu accès, grâce au concours d’Yvonne Loriod, aux agendas du compositeur, à sa correspondance, à ses notes, esquisses et papiers divers, en plus d’avoir retracer jusqu’aux tout premiers articles de journaux mentionnant son nom (on a même ici le texte de la première critique du Quatuor pour la fin du temps, publiée dans le Lumignon — Bimensuel du Stalag VIIIA). L’impressionnante bibliographie permet de suivre Messiaen pratiquement au jour le jour, à travers les commandes d’œuvres et leurs exécutions, de la naissance des idées jusqu’à leur mise en forme. Évidemment, les lecteurs ne seront pas tous aussi ravis d’apprendre qu’à la mi-mai 1971, à Florence, Messiaen a bu de l’orangeade dans un verre pouvant contenir un litre de bière, mais un détail comme celui-là donne néanmoins une idée de l’exhaustivité de la recherche! Publié en version originale anglaise en 2005 par les presses de l’Université Yale, le livre de Hill et Simeone a bénéficié d’une traduction française juste à temps pour le centenaire de la naissance du compositeur et cette nouvelle publication a permis aux auteurs d’augmenter leur ouvrage d’un chapitre consacré au langage musical de Messiaen (plus technique, bien entendu, que l’ensemble de la biographie) et d’un catalogue complet des œuvres de celui qui fut titulaire du grand orgue de l’église de la Trinité durant 60 ans. Un travail admirable. (R B)

(fig. 3)

Timothée Horodyski et Philippe Lalitte (dir) — Edgard Varèse — Du son organisé aux arts audio — Paris, L’Harmattan, coll. «Arts» 8, 2007, 350 p

Rassemblant les textes des communications prononcées lors des «Journées Varèse» tenues à l’Université Paris 8 les 30 et 31 mars 2006, voici un recueil qui permet, par la pluralité des regards posés sur lui, de mesurer l’apport du compositeur aux développements de la musique au XXe siècle. À travers 16 interventions, les grandes œuvres de Varèse sont analysées, son projet est décortiqué et son rôle de pionnier fait l’objet de plusieurs démonstrations. L’accès restreint aux documents originaux avant 2004 (année de leur transfert à la Fondation Paul Sacher à Bâle, où ils sont dorénavant disponibles au public) aura contribué à l’originalité de plusieurs des textes présentés ici. Nombreux graphiques et exemples musicaux. Contributions de Régis Authier, Anne-Sylvie Barthel, Séverine Bridoux- Michel, Pierre Albert Castanet, Marc Codron, Timothée Horodyski, Philippe Lalitte, Sylvain Marquis, Juan Manuel Marrero, Felix Meyer, Alain Montesse, Jean-Claude Risset, Makis Solomos, António de Sousa Dias, Ivanka Stoïanova et Gianfranco Vinay. (R B)

(fig. 4)

Morton Feldman / For Bunita Marcus — Guillaume Belhomme — Marseille, Éditions Le mot et le reste, coll. «Solo», 2008, 58 p

Excellente idée que celle de la collection «Solo», qui offre à un auteur l’occasion d’exprimer «les émotions suscitées par l’écoute d’un 45 tours, d’un album, ou ressenties lors d’un concert». Pour Guillaume Belhomme, un collaborateur des Inrockuptibles, c’est l’écoute de la pièce de Morton Feldman For Bunita Marcus, telle qu’elle est interprétée par la pianiste Hildegard Kleeb sur un enregistrement paru chez Hat Hut, qui se trouve ici magnifiée dans une étonnante réflexion poétique. Le texte offre une description de l’œuvre d’une rare qualité; on entend bien les quelques notes que l’interprète laisse échapper comme par inadvertance et malgré toute sa retenue, notes qui «rivalis[e]nt de présence avec les grincements du parquet» et propulsent l’auditeur/lecteur dans une rêverie où il déambule sans repères et a «l’impression d’aller sans but parce que le paysage concerné n’en permet aucun». Une rêverie qui tient sur 50 pages et où l’on trouve aussi des informations sur le compositeur, sur l’interprète et sur les différentes versions de l’œuvre. Deux autres titres sont disponibles (sur des enregistrements des Beatles et de Spooky Tooth), et on souhaite que la collection s’agrandisse. (R B)

En revues

(fig. 5)

Filigrane, no 7, «Musique et bruit», Sampzon — Éditions Delatour France, premier semestre 2008.

La revue française Filigrane publie chaque année deux numéros où sont abordés différents thèmes «difficiles et épineux» selon l’angle de leur intersection avec le phénomène musical. Le bruit est un concept extrêmement riche et les auteurs ici convoqués ne manquent pas d’en faire la preuve. Tout le monde a sa définition du bruit, qui peut aussi bien être à la limite de l’imperceptible ou, au contraire, tonitruant… Difficile à cerner, donc, comme le bruit de fond que décrit Renaud Meric, qui cesse d’exister lorsqu’on le perçoit! De l’approche psychoacoustique (Philippe Lalitte) à la théologie du sonore (Luc Charles-Dominique) et du regard sociohistorique (Pierre Albert Castanet) à l’étude ethnomusicologique (François Picard), le bruit est ausculté sous tous ses angles, et le résultat ouvre des perspectives insoupçonnées. Présentation soignée et nombreux exemples. Prochain numéro consacré au jazz et aux musiques improvisées. (R B)

(fig. 6)

Musicworks, no 100, «30 Years» — Toronto, printemps 2008.

On ne saurait manquer de souligner le 100e numéro du magazine canadien Musicworks, qui marque aussi son 30e anniversaire. Consacré à l’exploration sonore, le magazine s’intéresse à toutes les formes de musique contemporaine et il a contribué à faire mieux connaître le travail d’un grand nombre d’artistes canadiens, de John Oswald, qui y fut au début un collaborateur régulier, à Hugh Le Caine, dont la biographe Gayle Young fut rédactrice en chef du magazine durant près de 20 ans. Accompagné d’un disque (ou d’une cassette) à chaque parution depuis le numéro 23, Musicworks a aussi contribué à rendre disponibles des enregistrements rares. Le sommaire du 100e numéro offre un bel exemple du contenu éclectique auquel le lecteur peut s’attendre: un article sur la musique spatialisée par le codirecteur artistique de la Redshift Music Society de Vancouver, qui présente des concerts de ce type depuis 2004; une présentation du travail de l’artiste conceptuel britannique Jem Finer, aussi connu comme joueur de banjo au sein du groupe pop The Pogues; une présentation du travail de la compositrice et improvisatrice montréalaise Diane Labrosse; une exploration de l’esthétique du bruitisme, à travers la rencontre entre Marcel Duchamp et John Cage; l’histoire cachée des soi-disant musiques du monde; un portrait de l’artiste électro Mitchell Akiyama. Et, bien sûr, un disque d’accompagnement et des critiques de disques et d’événements. Bravo! (R B)

(fig. 7)

Moebius, no 117, «Musique!» — Montréal, printemps 2008.

Revue montréalaise de littérature plurielle (conte, nouvelle, court essai, poésie, etc.), Moebius a choisi pour thème de son plus récent numéro la musique. La musique y apparaît surtout comme un prétexte au fil des nouvelles présentées, mais certains textes y touchent vraiment, comme celui de l’écrivain Claude Vaillancourt sur le rapport qu’il entretient avec sa flûte ou celui du compositeur Antoine Ouellette, qui s’attarde aux sens du mot «classique» (comme dans «musique classique»). Démoralisé par les dérives de la chaîne culturelle d’État, transformée en un Espace musique où la création n’a plus sa place, le compositeur Michel Gonneville prend le parti du rêve et imagine dans un court texte ce que pourrait être la vie si les médias ne considéraient pas la musique contemporaine comme un ennemi à abattre… En ouverture, le directeur de ce numéro, Philippe Gervais, s’entretient avec l’écrivain Bertrand Laverdure sur la pluralité (ou non) des options offertes au mélomane d’aujourd’hui. Une lecture moins exigeante que celle d’un lourd traité de musicologie, mais qui ouvre néanmoins des pistes de réflexion. (R B)

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Conception et mise à jour: DIM.